L'art de la Traduction

On connaît bien le rôle de la traduction dans la vie de l’humanité. Victor Hugo a dit, il y a plus de cent ans, que les traducteurs étaient des constructeurs de ponts grâce auxquels les peuples peuvent se rendre visite. À l’autre bout de l’Europe, le grand poète national russe Pouchkine écrivait, lui aussi, que les traducteurs étaient des chevaux de relais de la civilisation. Les deux génies soulignent que la fonction première de la traduction est de faire passer les richesses intellectuelles d’un peuple à un autre.

 

Mais qu’est-ce que la traduction ? Le titre de mon exposé est assez banal. Il a été utilisé dans de nombreuses publications consacrées à ce genre d’activité humaine. Bien souvent, les explorateurs du problème, en commençant par la disjonction art ou science, finissaient par la conjonction logique art et science. Parfois on essaie de distinguer le côté scientifique et artistique de la traduction selon les degrés ou les types mêmes de la traduction. On oppose ainsi l’interprétation, la traduction technique d’une part et la traduction d’oeuvres artistiques, poétiques aussi, de l’autre. Dans le premier cas, croit-on, on peut apprendre la traduction comme n’importe quelle autre science ou métier; dans le second, on a affaire à un art.

 

En s’inspirant de la maxime de Brillat-Savarin, grande figure de l’art culinaire français qui disait : « on devient cuisinier, mais on naît rôtisseur », on serait porté à dire que l’on devient interprète, mais on naît traducteur artistique. Cependant, on peut croire qu’à tous les niveaux, la traduction participe de la science aussi bien que de l’art. Il s’agit seulement d’essayer de préciser quels aspects de la traduction relèvent de l’une et de l’autre.

 

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